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La Muse – Rita Cameron

Résumé

« — Miss Siddal, ne vous a-t-on jamais dit que vous aviez incontestablement été créée par les dieux pour être peinte ? Quoi qu’il en soit, si vous ne croyez pas que votre beauté transcende les époques, vous vous sous-estimez. » Avec son teint diaphane et sa longue chevelure cuivrée, Lizzie Siddal n’a rien de l’idéal victorien aux joues roses. À l’atelier de chapellerie où elle travaille, Lizzie assemble des coiffes somptueuses destinées à de jeunes élégantes fortunées. Un jour, elle attire l’attention du peintre et poète préraphaélite Dante Gabriel Rossetti. Envoûté à la fois par sa beauté sublime et ses dons artistiques, celui-ci l’entraîne dans l’univers scintillant des salons et des soirées bohèmes. Mais incarner la muse que tous les artistes rêvent d’immortaliser se révélera bien plus cruel que tout ce que la jeune femme pouvait imaginer.

Avis

Lizzie Siddal est La Muse qui a inspiré les préraphaélites, en particulier Dante Gabriel Rossetti. Ce roman retrace son histoire, de son incursion dans l’atelier de Walter Deverell à son mariage avec celui qui la considèrera à tout jamais comme sa Béatrice.

Peu friande de peinture, je ne connaissais ni ce courant ni ses peintres avant de me plonger dans la lecture de ce livre, mais en effectuant quelques recherches, j’ai eu la surprise de découvrir que Rossetti était à l’origine d’un tableau que j’apprécie tout particulièrement pour le modèle qu’il représente : Lady Lilith.

Cette coïncidence a piqué ma curiosité, et… Eh bien, je dois dire que La Muse réussit très correctement sa plongée dans l’Angleterre artistique du XIXème siècle.

Vous sentez venir le mais ? Mais. C’est looong ! Les nombreuses descriptions collent certes au thème, mais contribuent à rendre le roman interminable. Contribuent, car elles ne sont pas les principales responsables. Le vrai problème, ce sont les protagonistes.

Je ne sais pas dans quelle mesure l’auteur a pris des libertés avec l’Histoire. Toujours est-il que Dante est ce qu’on pourrait communément appeler un connard. Égoïste, menteur, manipulateur et tout un paquet d’autres défauts qu’il met sur le compte de son génie. Attention, léger spoiler dans le paragraphe suivant !

Tout au long du livre, il fait miroiter à Lizzie un mariage qui n’arrivera qu’à la fin (et il aura fallu pour cela qu’elle soit aux portes de la mort), sans jamais cesser de fricoter avec d’autres demoiselles, de les peindre également, alors qu’il interdit sans scrupules à son modèle de prédilection et fiancée de l’ombre de poser pour ses amis.

Face à un tel contexte, j’aurais dû éprouver de l’empathie pour Lizzie, sauf que non, pas du tout. En fait, elle m’a déplu dès les premières pages. Elle m’est apparue comme assez hautaine, avec une propension à critiquer les mœurs d’autrui (parce qu’ELLE, elle a eu une éducation, contrairement aux minables couturières avec lesquelles elle trime du matin au soir).

Là où le bât blesse, c’est que ces mœurs, elle est la première à les oublier quand ça l’arrange, et à s’en mordre les doigts dans la foulée. Et encore, on ne peut pas dire que ce soit la dignité qui l’étouffe. Je veux bien que l’amour ne se commande pas et qu’il pousse à faire n’importe quoi, mais pourquoi Dante se serait-il donné la peine d’épouser Lizzie quand il n’a qu’à lever le petit doigt pour qu’elle revienne vers lui à chaque fois qu’il la déçoit ?

Au bout d’un moment, ça devient un entêtement qui confine à la stupidité, et c’en est encore plus de croire qu’une bague au doigt changera quoi que ce soit. Elle accuse Dante de ne voir en elle que l’image qu’il peint, mais est-elle vraiment différente, à nier la véritable nature de son amant ? Ne s’est-elle pas plutôt accrochée jusqu’au bout à l’idée de (re)devenir une « femme respectable » ?

Quoique… Peut-être allaient-ils justement bien ensemble pour cette raison ? Heureusement, les personnages secondaires sont plus sympathiques et attachants, en particulier Lydia, Emma et ce pauvre Deverell, trop vite écarté et balayé de la mémoire collective. (Et je ne parle même pas de sa sœur, avec qui Lizzie semblait pourtant bien s’entendre.)

La Muse est un roman intéressant à découvrir pour le portrait qu’il peint du préraphaélisme, mais si vous aimez les scénarios un peu plus palpitants que la fille qui s’aperçoit que son amant est un goujat, avant que le goujat ne s’excuse et qu’elle revienne vers lui, pour ensuite remettre ça une bonne demi-douzaine de fois jusqu’à la fin du livre, passez votre chemin. Même les shojos les plus répétitifs que j’ai pu lire ne sont pas aussi redondants.

Note : 3 / 5

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