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Victoria – Daisy Goodwin

Résumé

Alors qu’elle vient tout juste d’avoir dix-huit ans, Alexandrina Victoria devient reine de Grande-Bretagne et d’Irlande. Dès lors, la jeune souveraine surprend tout le monde : elle abandonne son prénom détesté pour adopter celui de Victoria, insiste pour avoir ses propres appartements et est déterminée à rencontrer ses ministres seul à seul. L’un d’entre eux, Lord Melbourne, devient très vite son secrétaire particulier. Il aurait peut-être pu devenir davantage… si tout le monde n’avait pas soutenu que la reine devait épouser son cousin, le taciturne prince Albert. Mais ce que Victoria ignore encore c’est qu’en amour comme en politique, il ne faut pas se fier aux apparences.

Avis

Daisy Goodwin retrace les premières années de règne de la reine Victoria dans ce roman éponyme. La jeune femme accède au trône à l’âge de dix-huit ans alors qu’elle ne connaît rien du monde et n’entend rien à la politique, en raison de l’isolement dans lequel elle a grandi. Elle s’attache rapidement à Lord Melbourne, le Premier Ministre qui deviendra aussi son conseiller, et même plus encore…

J’ai beaucoup réfléchi à la façon dont j’allais rédiger cette chronique, pourtant même encore, je ne sais pas comment la débuter. Je dirais que j’ai été gênée par certains partis pris de l’auteur. Que Victoria ait eu des sentiments amoureux pour Lord Melbourne, pourquoi pas, après tout, même s’il n’y a pas de preuves concrètes à ce sujet, mais c’est surtout le traitement d’Albert qui m’a dérangée.

De ce que je me souviens avoir lu à l’époque où j’avais fait quelques recherches personnelles sur la reine Victoria, et encore aujourd’hui en me référant à sa page Wikipédia (même si j’ai conscience que ce n’est pas une source forcément fiable), il me semble qu’elle a toujours témoignée une certaine préférence et inclination pour Albert, or dans ce roman, elle oscille d’abord entre indifférence et mépris à son égard.

C’est donc la romance platonique entre Victoria et son cher « Lord M » qui prédomine pendant la majeure partie du livre. Une romance que j’aurais pu adorer (et que j’ai adoré, au fond de moi) si elle n’avait pas été basée sur des faits réels. Je ne pouvais pas feindre de ne pas savoir comment aller s’achever leur idylle, et surtout, je me suis inquiétée de ne pas voir Albert pointer le bout de son nez avant la dernière centaine de pages du roman.

Craintes qui se sont hélas révélées fondées. En l’espace de cinq jours, la Victoria de Daisy Goodwin nous offre un retournement de jupon magistral. Il suffit de deux frôlements de peau, d’une valse et de quelques œillades échangées entre les piques désagréables qu’ils se lancent pour que Victoria et Albert se pâment d’amour l’un pour l’autre. Oublié Lord M ! Tellement oublié que je crois même avoir laissé échapper une insulte à l’intention de Victoria lors d’une certaine scène…

Quant au personnage d’Albert en lui-même, il ne rend pas davantage crédible ce brusque revirement. La description « d’homme mécanique » qu’en fait Lord M ne pourrait lui convenir davantage. Il est antipathique, moralisateur, et surtout, il ne fait pas le poids comparé à la plupart des autres personnages masculins, qu’il s’agisse de Lord M, de son propre frère Ernst, du grand-duc Alexandre ou encore de l’attentionné Lord Paget. Même le chien Dash aurait été un meilleur prétendant, à mon goût…

Pire, j’ai trouvé que l’auteur forçait sur le pathos avec l’histoire de la mère d’Albert. Non, plus exactement, tout est forcé dans cet amour naissant, parce qu’après plus de trois cent pages passées à succomber au charme de Lord Melbourne, il fallait bien rectifier le tir pour recoller à la réalité historique.

D’ailleurs, quoique j’aie moi-même cédé à l’inclination pour ce séduisant Lord M au fil de ma lecture, j’ai aussi regretté que la romancière ait décidé d’en faire un personnage foncièrement bon, dévoué à sa reine et à son pays, et droit dans ses bottes. Là encore, je me trompe peut-être, mais de ce que j’en ai lu auparavant, je n’ai pas l’impression qu’il ait été blanc comme neige, mais plutôt qu’il n’hésitait pas à manœuvrer lui aussi Victoria dans le sens de ses propres intérêts, ce qui n’est pas le cas ici. Ici, il est vraiment parfait… contrairement à Albert.

Au final, le seul aspect de ce roman auquel j’aurai totalement adhéré, c’est la relation ambiguë entre Victoria et sa mère, qui oscille entre affection et rancune. On ne peut qu’être agacé par la confiance aveugle que la duchesse de Kent accorde à sir Conroy, et en même temps touché par sa volonté de protéger sa fille envers et contre tout. Elles sont l’une comme l’autre très maladroites, et l’auteur réussit à nous montrer combien elles auraient pu être proches sans cet homme pour semer la discorde entre elle.

Victoria est donc un livre qui se lit vite et agréablement, mais voilà, j’ai vraiment eu du mal à accrocher à la plupart des choix de Daisy Goodwin. Pour cette raison, je ne suis pas tentée de regarder la série, et je vais plutôt revisionner pour la énième fois l’adaptation cinématographique avec Emily Blunt.

Note : 3.5 / 5

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