Douze minutes avant minuit – Christopher Edge

Résumé

Londres, 1899.
Tous les soirs, douze minutes avant minuit, un phénomène inquiétant frappe un hôpital psychiatrique : les patients se mettent à écrire frénétiquement d’étranges messages sur des papiers, des murs, et même leur peau.
Pénélope Tredwell, propriétaire à treize ans du célèbre magazine Le frisson illustré, et auteur d’histoires terrifiantes, décide d’enquêter.
Bientôt prise au piège dans une véritable toile d’araignée, Pénélope regarde d’un œil angoissé les minutes s’écouler : chacune d’elles la rapproche du vénéneux complot qui se prépare…

Avis

Douze minutes avant minuit est un roman de littérature jeunesse qui raconte l’histoire de Penelope Tredwell, auteur à succès d’histoires d’horreur qui se dissimule sous le pseudonyme de Montgomery Flinch. Lors des apparitions publiques de l’écrivain, c’est un acteur qui endosse son rôle, et il ne tarde pas à être convoqué pour résoudre l’étrange affaire qui se déroule dans un asile.

Le livre commence plutôt bien, avec une écriture fluide, le secret de l’héroïne à protéger et surtout une énigme à résoudre. Le seul point qui m’a dérangée dès le début, c’est l’âge de Pénélope. Comment, à treize ans, peut-on être à la fois éditrice, rédactrice-en-chef et surtout écrire des histoires qui feraient pâlir Arthur Conan Doyle (qui est également un personnage du livre) ? Sans parler du talent qu’elle dévoile plus tard, celui d’être aussi une experte en dissection. C’est trop gros pour être crédible.

En dépit de cela, j’ai apprécié que son jeune âge mette en avant la condescendance des adultes, qui l’ignorent la moitié du temps et se montrent odieux avec elle l’autre moitié. Il a va de même avec Alfie, alors que ce sont eux qui, en dépit des obstacles, vont littéralement démêler la toile dans laquelle Londres est engluée.

Le scénario en lui-même est relativement addictif, mais malheureusement très prévisible. On sent venir chaque rebondissement à l’avance, si bien que pour le suspens, on repassera. L’histoire se lit malgré tout, du moins jusqu’à la fin, qui part complètement en quenouille.

Si, jusqu’à un certain point, l’explication concernant la folie des patients de Bedlam pouvait paraître crédible, le dernier rebondissement est complètement tiré par les cheveux (ou par le fil de la toile), et fait perdre tout réalisme à l’histoire.

Attention, spoilers ! Déjà, pourquoi Penny n’a-t-elle pas réagi au moment où le champagne a été servi ? À défaut de convaincre les autres de ne pas boire, elle aurait pu en persuader Monty et son tuteur. Ensuite, que la Veuve Noire soit capable d’hypnotiser toute une foule à l’aide de son poison, c’est une chose, mais que cette foule soit ensuite capable d’envoûter le reste de la ville à travers leurs écrits, cela me semble peu cohérent. Enfin, la connexion plus ou moins télépathique qui relie toutes les victimes du complot me semble également abracadabrante.

D’ailleurs, comment se fait-il que Barrett ait échappé à la folie ? En tant que journaliste, et ne serait-ce même que par curiosité, il aurait dû lire l’un des magazines en même temps que le reste des habitants de Londres. Quant à la défaite de la Veuve Noire, elle est beaucoup trop rapide et facile à mon goût. Fin des spoilers !

Enfin, il est difficile de s’attacher aux personnages. Penny est une Mary-Sue en puissance : elle sait tout, comprend tout et est douée dans tout ce qu’elle entreprend. Même Barrett, qui aurait pu se révéler intéressant, redevient un parfait crétin dans les dernières pages (d’ailleurs, en ce qui le concerne, le hasard fait bien les choses…). Seuls Alfie et Monty sont un peu plus sympathiques que les autres.

Douze minutes avant minuit est donc un roman qui commence bien, mais qui s’enfonce au fil des chapitres dans un scénario de plus en plus moyen et décevant. J’ai vu qu’il y avait une suite, mais à cause de cela, je ne suis pas tentée de la lire.

Note : 3 / 5

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