Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer

La première foire de Silvio – Adeline Paulian-Pavageau

Résumé

À douze ans, l’intrépide Silvio n’en fait qu’à sa tête. Après avoir déclenché une bagarre lors d’un mariage, il est obligé de quitter Florence le temps qu’on l’oublie. Il doit suivre son oncle, un marchand, sur les foires de Champagne. Mais le voyage s’annonce dangereux. En traversant les Alpes, le garçon évite de peu une chute mortelle. Et il semblerait que cela ne soit pas un accident… Pourquoi en voudrait-on à sa vie ? En arrivant dans la ville de Provins, il noue de nouvelles amitiés. Aux côtés de Simon et Isabelle, Silvio est bien décidé à résoudre l’affaire. Quitte à se mettre en danger ! Entre complot, pouvoir et alliance, suivez les aventures palpitantes d’un petit italien au cœur de la France médiévale.

Avis

La première foire de Silvio est un roman jeunesse mettant en scène un protagoniste éponyme d’une douzaine d’années, contraint de quitter Florence après un charivari qui, par sa faute, manque de tourner au drame. Il accompagne son oncle marchand en Champagne, où une mystérieuse mission l’attend.

Merci à Babelio et aux éditions La Bouinotte pour l’envoi de ce livre, duquel je ressors malheureusement avec un avis mitigé. Le résumé me faisait pourtant très envie : une œuvre historique avec un héros florentin, que demander de plus ?

Eh bien… Un peu plus d’Histoire avec un grand H, pour commencer. J’ai passé les premiers chapitres à me demander à quelle époque le récit se déroulait, et l’évocation d’un Duomo m’a induite en erreur, puisque j’ai aussitôt pensé à Santa Maria del Fiore. Or, sa construction a commencé à la fin du XIIIème siècle, là où l’intrigue se passe vraisemblablement quelque part entre 1240 et 1250.

C’est la mention des guelfes et des gibelins qui m’a permis de mieux me situer. Ne connaissant que vaguement ce conflit, je me faisais une joie d’en découvrir davantage à son sujet, sauf que non. Tout ce qu’on apprend, c’est que le Pape et l’Empereur s’opposent, et que la faction des guelfes sollicite l’assistance du comte de Champagne.

Je regrette que l’auteur n’ait pas davantage développé cette facette-là du texte, car même s’il s’agit d’une œuvre jeunesse, c’est justement un bon moyen d’attiser la curiosité des enfants à l’égard de l’Histoire et de leur distiller des graines de culture générale.

Ce qui m’amène à ce qui m’a le plus gênée dans ma lecture : son inégalité. Elle est destinée à des préadolescents (à partir de onze ans, affirme la quatrième de couverture), mais autant elle peut se montrer sombre par moments (tentatives de meurtre, description d’une mule à l’agonie et même menace de fausse accusation de viol), autant à d’autres, je l’ai trouvée beaucoup trop enfantine.

Les péripéties, notamment, ont un côté très « C’est celui qui dit qui l’est » et « Ouh, le menteur ! ». Quant à l’orfèvre Giorgio, j’ai eu un mal fou à me le représenter en adulte d’une quarantaine d’années. Vu sa guéguerre avec Silvio, j’avais plutôt tendance à l’imaginer en gosse capricieux et belliqueux.

Idem pour l’oncle du protagoniste, que j’avais envie de gifler devant sa stupidité. Il sait qu’il a une mission aussi périlleuse qu’importante à accomplir, il ne nie pas qu’on peut intenter à sa vie, pourtant chaque fois que Silvio tente de l’interpeler sur de potentielles menaces, il balaye ses mises en garde, quand il ne tient pas injustement son propre neveu pour responsable de leurs malheurs.

Et c’est là aussi un autre point qui m’a lassée. D’accord, Silvio se comporte en sale morveux au début de l’histoire, mais par la suite, presque tous ses emportements sont légitimes, voire justifiés, or tout le monde, à commencer par Bartolomeo, le considère d’office comme une fieffée canaille dès qu’un incident survient, et ce même (surtout) quand il n’y est absolument pour rien.

Paradoxalement, je trouve qu’il donne raison à ses détracteurs dans la dernière partie du livre en fonçant tête baissée pour accomplir la mission de son oncle, sans réfléchir à tous les dangers auxquels il s’expose stupidement et par impatience, susceptibles de l’empêcher de la mener à bien. Or, vu qu’il réussit, c’est là qu’on s’incline devant sa valeur, quand il avait, à mes yeux, bien plus de mérite au préalable.

Pour cette raison, Simon est le seul personnage que j’ai vraiment trouvé sympathique. En ce qui concerne Isabelle, j’aurais aimé qu’elle soit plus approfondie. Sa conclusion est trop rapide et facile à mon goût, peu proportionnel au véritable rôle qu’elle a joué dans l’intrigue.

Dans l’ensemble, je n’ai pas adhéré à cette histoire comme je pensais pouvoir le faire à la vue du résumé. Ce n’est pas pour autant un mauvais récit, et peut-être plaira-t-il davantage au public préadolescent auquel il est destiné, ou à n’importe quel autre lecteur un peu moins exigeant que moi. Merci quand même pour cette découverte !

Note : 3 / 5

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Site Web créé avec WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :