La lanceuse de couteaux – Eve Borelli

Résumé

Cette histoire, c’est l’histoire de Siloé, qui ne voit plus la magie du cirque dans lequel elle a grandi et le quitte pour de mauvaises raisons mais qui, en chemin, apprendra à faire ses propres choix et à définir ses envies personnelles. C’est l’histoire d’une indépendance progressive, piquée d’embûches, d’amitié et d’amour.
Siloé est orpheline de mère et vit dans le cirque familial, entourée par toute une galerie de personnages atypiques. Mais la jeune fille rêve d’être lanceuse de couteaux, ce que son père lui refuse obstinément. La voilà donc qui décide de rallier un cirque concurrent pour – enfin – essayer de faire ses preuves… Mais elle est loin d’imaginer les épreuves qui l’attendent !

Avis

La lanceuse de couteaux est un roman qui prend place dans l’univers du cirque, auquel son héroïne, une jeune femme du nom de Siloé, appartient. Elle est cependant lasse de cette vie qu’elle mène, et de son père qui l’étouffe sans réussir à la comprendre. Elle rêve d’amour, de frissons, d’adrénaline… jusqu’à ce que ses désirs se matérialisent en la personne de Rafael.

Mon opinion sur ce roman a été partagée pendant une longue partie de l’histoire, même si cela s’est un peu arrangé vers la fin. J’ai dans un premier temps trouvé l’intrigue trop attendue, et surtout, elle m’a paru manquer cruellement de subtilité.

Tout d’abord, on a Siloé. Siloé qui s’ennuie dans son quotidien, Siloé qui est blâmée par son père de ne pas prendre part à la vie du cirque, alors qu’il lui interdit tout ce qu’elle souhaiterait faire… Et moins de vingt-quatre heures plus tard, tout bascule. On n’a pas le temps de s’habituer à son univers, de partager sa monotonie qu’elle est déjà arrachée à tout cela.

Et par qui ? Par un beau ténébreux bad boy, au charme duquel elle succombe au premier regard et avec qui elle accepte de s’enfuir après avoir discuté pendant… Une heure ? Peut-être moins ? Direction un nouveau cirque, une nouvelle vie, où Siloé pourra exploiter pleinement sa vocation : celle d’une lanceuse de couteaux.

Évidemment, on se doute d’ores et déjà que tout ne va pas se passer comme elle le voudrait. Et la hiérarchie du cirque dans lequel elle atterrit annonce clairement la couleur : les hommes organisent des réunions où ils discutent et prennent les décisions entre eux, pendant que les femmes restent à l’écart. Voilà qui plante le décor. Tout comme le thème du spectacle, Barbe Bleue. Tout comme le mot « sexiste », qui revient trois fois en peu de pages.

Et cela nous amène à Rafael, qui ne tarde pas à révéler son vrai visage, celui d’un pervers narcissique violent, maladivement jaloux, possessif, et j’en passe… J’ai bien compris qu’il était là pour faire réagir le lecteur sur les violences conjugales et tout ce qui y touche de près ou de loin, mais je ne peux m’empêcher de m’interroger sur les motivations du personnage. Pourquoi avoir jeté son dévolu sur une fille qu’il connaissait depuis moins de 24h ? Pourquoi se comporte-t-il comme ça avec elle, et pas avec Lupa ? D’ailleurs, pourquoi s’être séparé d’elle ? Alors oui, peut-être qu’il n’y a pas besoin de chercher midi à quatorze heures, peut-être qu’il est juste fou, comme Siloé elle-même le souligne à maintes reprises, mais bon…

Un point que j’ai en revanche apprécié dans cette histoire : l’absence totale de réaction de tout le monde, qui est un triste reflet de la réalité. Quoi qu’il se passe, la plupart des gens préfèreront fermer les yeux plutôt que d’agir, et j’ai trouvé pertinent que cet élément soit mis en avant. Il est hélas plus facile de faire semblant de ne rien voir plutôt que de s’impliquer.

À travers toutes ces épreuves, Siloé évolue. Elle devient plus mature, plus réfléchie, moins égocentrique, car elle apparaissait un peu ainsi de prime abord. Néanmoins, un passage m’a fait tiquer. Sa rencontre avec Charlotte. Elle la connaît depuis quelques heures à peine, et Siloé se laisse entraîner par elle au point d’accepter d’emménager sous son toit et celui de son colocataire. Euh… Oui, d’accord. La dernière fois qu’elle a suivi quelqu’un qu’elle ne connaissait ni en noir ni en blanc, mais juste parce qu’elle trouvait que le courant passait bien, elle en a sacrément souffert, pourtant à aucun moment, elle n’a un soupçon de méfiance.

Heureusement, là où Rafael était un parfait connard derrière ses airs de prince charmant, Charlotte est bel et bien gentille, bienveillante, généreuse… Ce qui ramène au gros manque de subtilité susmentionné. Là encore, en moins de 24h, dans une ville qu’elle ne connaît pas, Siloé rencontre quelqu’un qui insuffle un tournant différent à sa vie et la guide sur un nouveau chemin. Un hasard aussi heureux, c’est gros. Trop gros.

En conclusion, je dirais qu’il faut lire ce roman comme étant avant tout une dénonciation : celle du sexisme, des violences conjugales, de l’indifférence générale… C’est également une histoire intéressante dans l’ensemble, avec quelques personnages sympathiques (quoique majoritairement trop manichéens), mais qui pèche par un scénario trop facile et relativement attendu.

Note : 3 / 5

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